Robert Bober – On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Ce quatrième roman de Robert Bober s’appelait initialement Je vadrouille autour de mon passé.

« Je vadrouille autour de mon passé, j’en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l’on pouvait exister une fois de plus… » (Henri Calet, Le Tout sur le tout)

Cette citation décrit au plus près la démarche de Robert Bober mais il a finalement préféré donner pour titre, à son dernier roman, trois vers de Pierre Reverdy.

Le personnage principal, Bernard Applebaum, va être amené à plonger dans l’histoire récente de sa famille. Une histoire qui n’est pas tout à fait anodine : nous sommes à Paris, au tout début des années soixante. Le père de Bernard a été raflé et déporté à Auschwitz, d’où il n’est pas revenu. Sa mère s’est remariée avec un ami d’enfance. Ce deuxième mari est mort dans un accident d’avion après lui avoir donné un fils.
La rencontre d’un certain Robert Bober qui avait été son moniteur en colonie de vacances va donner à la vie de Bernard un tour nouveau. Robert est assistant de François Truffaut sur le tournage de Jules et Jim, il propose à Bernard d’y figurer.

Et c’est à partir de là, parce qu’il emmènera sa mère voir le film, que tout va s’enclencher.

Bernard mène son enquête personnelle sur sa famille, et sur ses origines. Elle le mènera jusqu’en Pologne.

Dans ce roman, le Paris de la guerre et de l’après-guerre s’anime à travers une évocation extrêmement minutieuse d’un monde dont nous n’avons aujourd’hui plus idée si ce n’est à travers les photos de Robert Doisneau ou de Willy Ronis. C’est drôle et terriblement triste à la fois, animé, vivant, nostalgique , mais sans arrêt sur image.

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13 réponses à Robert Bober – On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

  1. Michel C. dit :

    Ne pas se laisser repousser ni même intimider par le titre, le livre l’explicitera au fil des pages. Style plaisant, vif, alerte, Jeune, et pourtant l’auteur a un demi-siècle de plus que son écriture! Certains sujets sont durs mais la lecture toujours plaisante, le Paris, les femmes et les hommes décrits ont entre 80 et 60 ans de plus aujourd’hui, mais l’auteur les fait revivre avec précision et tendresse. Les souvenirs…..ne s’effacent pas toujours.

    • VIVION dit :

      Une magnifique écriture emplie de nombreuses références littéraires et cinématographiques qui nous plonge dans Paris. Un magnifique voyage…
      Mais aussi de belles relations familiales…
      A lire absolument..

  2. CLEMENTINE _41600 dit :

    lecture très agréable mais sans surprise . Le lecteur se doute bien de ce qui a pu se passer pour le père du premier enfant encore faut il en être certain d’où la chute finale . J’ai bien aimé les passages concernant , l ‘escalade des toits de Paris ,le cirque d’hiver , la famille BOUGLIONE et les réparties intempestives du petit frère .

  3. Ping : Lire en Loir-et-Cher | Bibliotheque de Bracieux

  4. TISSIER M. comité de St Laurent-Nouan dit :

    La lecture est facile, l’écriture simple et vivante, pour qui connaît Paris. On se représente bien l’ambiance de cette époque. L’enquête sur les origines laisse planer un peu de suspense et l’histoire très crédible pourrait être autobiographique. Le passage du passé au présent est facile du fait de la simplicité de l’écriture.
    Je le classe d’une courte tête devant la liseuse

  5. Frédérique dit :

    Très vivant dans les descriptions de Paris et les références au cinéma. J’ai bien aimé ce livre très agréable mais sans surprise.

  6. lang dit :

    Belle écriture narrative des souvenirs de jeunesse dans le Paris de la »Nouvelle Vague ».
    J’ai beaucoup aimé l’extrait des pages 232 à 235 : Bernard et Suzy à la piscine, premiers émois…

  7. Comité de lecture MONTOIRE dit :

    Réactions des membres du comité: « confus », « un roman qui commence bien, dommage », « énumération des personnalités qui ressemble à du tape à l’œil, saoulant »

  8. CEZBUR dit :

    Robert Bober on ne peut dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux
    le titre inspiré d’un poème de Pierre Reverdy ne pas en tenir compte… Un roman qui nous entraîne dans le Paris de l’Après-guerre, une enquête de Bernard sur sa famille et ses origines, des rencontres avec Truffaut sur le tournage de jules et Jim, des photographes Robert Doisneau, Willy Ronis, des références et des souvenirs…le tourbillon de la vie de Jeanne Moreau… ce récit beau et dense qui côtoie les émotions et la nostalgie d’un Paris disparu . j’ai beaucoup aimé.

  9. Michel P. dit :

    Livre de souvenirs
    Tout débute par le tournage du film « Jules et Jim » de François Truffaut auquel Bernard va participer à la suite d’une rencontre avec Robert (Bober), assistant du metteur en scène.Bernard emmène sa mère voir le film et c’est en sortant que celle-ci va lui faire des révélations. Bernard va alors se plonger dans l’histoire de sa famille, de l’avant-guerre à l’immédiat après-guerre. On fera à cette occasion la rencontre de personnages ayant réellement existé, mêlés à des personnages de fiction.
    Livre agréable à lire, grave et nostalgique, mais aussi drôle et léger à la fois.

  10. Michèle Faraut Comité de lecture de Mer dit :

    Intéressant, mise en page originale (feuille de service de cinéma, chansons…). Sans doute « les yeux ouverts » sur les souvenirs du passé et le rappel d’évènements que le narrateur, une fois évoqués, ne peut plus oublier: l’enfance, le cinéma des années 60, la grand-mère, le père, les photos et les camps.

  11. Claudine Boissier Comité de lecture de Mer dit :

    Le titre initial « je vadrouille autour de mon passé » reflète bien l’écriture de ce livre. L’histoire des émigrés juifs est racontée avec justesse, mais sans exagération et pourtant tout est bien ressenti. On respire l’air de Paris de ces années 60. Une lecture agréable même si parfois il n’y a pas de rapport entre les anecdotes.

  12. Aurélie Bouquin Comité de lecture de Mer dit :

    J’ai beaucoup aimé ce roman, notamment par sa construction. L’histoire n’est pas linéaire, on navigue d’un souvenir à l’autre et l’on entrevoit le Paris des années 60, la passion pour le cinéma de l’époque, mais aussi l’histoire des familles juives pendant la seconde guerre mondiale. La fin est très belle.

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