Ahmed Kalouaz – À l’ombre du jasmin

jasminUn jour d’automne, Ahmed Kalouaz rend visite à sa mère, cette étoile aux cheveux noirs dont il a magistralement dressé le portrait dans son précédent récit. Lors d’une conversation, elle ouvre leur livret de famille et, pour la première fois, l’écrivain voit inscrit sur ces feuillets jaunis le nom d’une sœur disparue avant sa propre naissance. Elle s’appelait Mimouna. D’elle, la mémoire familiale n’a rien conservé. Aucune photo. On ne sait pas même de quoi elle est brutalement morte, à l’âge de quatre ans, dans ce village-carton misérable où la famille vivait dans les années 1950, en Algérie.

Remontant le temps perdu, Ahmed Kalouaz va redonner vie à cette sœur oubliée. Elle était belle comme un diamant, se souvient sa mère, et sa disparition la brisa de chagrin.

Avec la force et l’émotion de son écriture, Ahmed Kalouaz explore le mystère le liant à Mimouna. Car c’est sans doute à son absence qu’il doit d’être devenu écrivain, en dépit du désert de mots dans lequel il a grandi. Venu au monde au cœur d’un drame, il s’est saisi du langage pour embellir l’existence, redonner vie aux morts et célébrer les vivants.

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2 réponses à Ahmed Kalouaz – À l’ombre du jasmin

  1. D.T. à la bilbliothèque de Vineuil dit :

    très beau livre sur l’absence.
    Manière originale de faire revivre l’absent. Beaucoup de poésie, d’amour et de tendresse aussi bien pour la mère que pour la sœur. J’aime aussi ce sens de la famille et ce respect des parents.

  2. Marie-Claude C. dit :

    Mélopée pour une absence, une absente. C’est la définition qui m’est tout d’abord venue.
    Mais pourtant aucune monotonie dans ce chant d’amour mélancolique destiné à ce diamant si vite disparu. Mimouna, empreinte inconsciente sur l’auteur, puisqu’il était dans le ventre de sa mère lorsque Mimouna vivait encore, et qu’il la rencontre enfin, lorsque sa mère peut, au soir de sa vie, commencer à mettre des mots, aussi simples soient-ils, sur cette enfant dont la mort, le deuil impossible, la poussera à partir rejoindre son mari, travaillant en métropole. Au prix de l’abandon de la terre de leurs ancêtres où dorment déjà deux enfants. Au prix de l’abandon de ce qui était leur vie. Mais quelle vie pour les employés des colons dans l’Algérie de ces années-là ?

    La vie dans la région minière montagneuse sera difficile pour la famille. Comme pour tant d’autres croyant trouver ici ce qu’ils n’ont pas là-bas.
    Et comme toujours, et encore, la rencontre avec ceux qui savent accueillir, souvent aussi démunis qu’eux, et ceux qui les repoussent.
    Il y aura au moins l’école, l’envie, le désir de s’accaparer la langue et les mots français pour enfin pouvoir raconter, devenir celui qui pourra dire. Et qui plantera un jasmin dont le parfum sera celui de Mimouna.

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