Gaël Brunet – La battue

la battue

Le chalet est perdu dans un paysage magnifique, avec le Mont-Blanc à l’horizon. Olivier est né et a grandi là, sur l’exploitation familiale. Pourtant, cela fait des années que ce trentenaire devenu parisien n’est pas revenu au village natal.

Mais, cet été-là, sur l’insistance de sa mère et celle de sa jeune compagne, il se décide enfin à renouer les liens avec les siens. Sous l’ombre imposante des montagnes, arriveront-ils à desserrer les tenailles du passé ?

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Gaël Brunet – La battue

  1. D.T à la bilbliothèque de Vineuil dit :

    J’ai beaucoup aimé, et ce livre a suscité beaucoup d’émotions à la fin, comme si j’avais enfoui aussi moi-même des blessures. Il est vrai que les thèmes de la paix et réconciliation me sont chers.

  2. Jean-Claude M, bibliothèque de Vineuil dit :

    Le titre se réfère à la battue que tous les hommes d’un village alpin, excédés par les exactions d’un loup égorgeant leurs troupeaux, finiront par mettre sur pied. Mais c’est d’un tout autre drame que nous entretient ce roman.
    Poussé par son amie, le narrateur retourne chez ses parents après dix années d’absence, dix années de silence mortifère. Le passé revient alors hanter le personnage principal qui se heurte d’emblée à un père mutique et hostile depuis la mort accidentelle de son fils aîné. Quel drame épouvantable peut expliquer cette hostilité paternelle ? C’est ce que l’auteur va s’employer à nous faire découvrir lentement au fil de chapitres concis, âpres, tendus.
    L’auteur fait évoluer son narrateur avec une grande finesse psychologique et pousse le lecteur à réfléchir sur la complexité et la fragilité des sentiments familiaux. Il excelle à mettre en scène des êtres blessés par la vie dont il éclaire la fragilité. Leurs douleurs sonnent comme une basse continue qui déploie sa noirceur irrespirable tout au long du roman. Toute la force du récit réside dans l’humanité de l’auteur, sa compassion, son empathie envers chacun de ses personnages. Pour parodier Jean Renoir, dans cette histoire « chacun a ses raisons » et l’une des forces du roman provient de sa capacité à permettre au lecteur de découvrir les tourments intérieurs du père et de son fils. Car derrière le silence et la haine, ce sont des êtres perclus de douleur que l’auteur explore magnifiquement. Ce n’est que dans les toutes dernières pages, après avoir révélé les non-dits et l’atmosphère de fiel qui en résulte, après avoir soumis ses personnages à l’épreuve de la vérité, que l’auteur abandonnera les teintes sombres de sa palette d’écrivain et fera enfin émerger la réconciliation familiale, rassemblant les fragments de mémoires désintégrées.
    Le style fluide de l’auteur frappe directement au cœur du lecteur en jouant sur les émotions. « La battue » est un beau livre, sensible et juste sur le silence. Il allie l’élégance de l’écriture à l’analyse psychologique des personnages.
    « Ce que chante un livre est aussi ce qui infuse encore après qu’il est fermé, comme une poudre, un pollen qui se répand. » écrivait très justement Maylis de Kérangal. Ce compliment sied parfaitement au roman de Gaël Brunet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>